Deux magistrats déposent plainte contre Dupont Moretti !

« Un ministre de la justice a-t-il le droit d’intervenir dans un dossier le concernant ou concernant ses anciens clients ,en tant qu’avocat  ?

L’USM, le SM et l’immense majorité des magistrats pensent que non. Éric Dupond-Moretti, lui, pense que oui. Le président de la République ne trouve rien à redire.

Nous sommes donc face à un blocage institutionnel », a expliqué la présidente de l’USM pour justifier cette plainte inédite.

« En tant que ministre, M. Dupond-Moretti a tenté de se faire justice lui-même », a poursuivi son homologue du SM, Katia Dubreuil.

L’avocat Dupond-Moretti avait tempêté fin juin, croyant pouvoir dénoncer « une enquête barbouzarde » du PNF. Et quelques jours plus tard, devenu ministre, le même se lançait dans une véritable vendetta et ouvrait une enquête administrative pour des motifs discutables – un premier rapport d’inspection n’avait retenu aucune faute –, et en désignant nommément les trois magistrats du PNF par communiqué. Ce alors que son amitié affichée avec Thierry Herzog, jugé peu après aux côtés de Nicolas Sarkozy et Gilbert Azibert dans l’affaire « Paul Bismuth », plaçait le garde des Sceaux dans une inextricable situation de conflit d’intérêts.

Ce n’est pas tout. Dans la foulée, Éric Dupond-Moretti avait lancé une seconde enquête administrative contre une autre figure de la lutte anti-corruption, comme l’a révélé Mediapart. Seulement trois semaines après sa nomination Place Vendôme, le 31 juillet, il avait ainsi décidé l’ouverture d’une enquête prédisciplinaire contre le juge Édouard Levrault, alors même qu’Éric Dupond-Moretti, en tant qu’avocat, venait publiquement de mettre en cause le magistrat, le traitant de « cow-boy » dans la presse, et qu’un de ses clients avait déposé plainte contre lui.

Source : Par Fabrice Arfi et Michel Deléan pour Médiapart

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